L'Image Photographique pour capturer l'Actualité !



La photographie journalistique

Source historique, « transcriptions » de réalités du monde et valeurs transmises



L'illustration par l'image photographique


La photographie qui, apparaît notamment à la fin du XIXème siècle, est finalement une source assez récente, dans la mesure où elle commence à être considérée comme un document à part entière, duquel des informations peuvent être tirées. Longtemps, l’écrit est demeurée la seule source valable et pertinente, en particulier pour les historiens, compte tenu du fait que l’image, la photographie, ne servait qu’à illustrer les travaux (scientifiques par exemples, l’actualité d’une époque, en un temps et en un lieu donné). La valeur de l'image n'était pas celle que nous connaissons de nos jours.



Le galop - Muybridge - 18 juin 1878

L'image photographique : support de communication et déviance


Cependant, même si l'on a pu considérer rapidement la photographie comme un outil formidable permettant de retranscrire une part du réel, il n’en demeure pas moins, qu’elle fut également utilisée à des fins de propagandes pour manipuler l’opinion publique notamment dans les années 20, en U.R.S.S., et en France, sous l’impulsion du gouvernement de Vichy au moment du nazisme et de la montée au pouvoir d’Hitler, dans les années 40.


Ainsi, la photographie apparaît pour beaucoup un objet suspect et une certaine méfiance vis-à-vis des images s’installe. Comment déterminer qu’une image puisse véritablement témoigner d’une réalité ? Peut-on considérer les images comme vraies ? Quelles sens leurs donner ? Quels sens véhiculent-elles ?


Il est assez ironique de constater, de nos jours, que ces questions restent toujours autant d'actualité... notamment avec les fameuses "fake-news" !

Comme quoi, on a rien à envier au passé... et rien n'a été inventé non plus ! C'est simplement le moyen pour diffuser l'image photographique (le véhicule) qui a changé la "donne" :


INTERNET


(je parle de la photographie car c'est le sujet de mon blog entre autre mais c'est pareil pour la vidéo...)


L'image photographique comme source historique


La photographie semble à nouveau être une véritable source historique pertinente et riche d’informations historiques comme peut en témoigner la photographie de cette petite fille brûlée au napalm, Kim Phuc, prise lors de la guerre du Vietnam. Pour autant, même si cette photographie sert, et ce à bien des égards, à illustrer une actualité contemporaine, il n’en demeure pas moins qu’elle représente une source d’informations historiques pour une période précise de notre Histoire. Les manuels d’Histoire, de l’Education nationale, en sont particulièrement fournis.

Napalm Girl (1972) Nick Ut

Ainsi, la photographie n’est pas qu’un simple outil qui permet d’illustrer un événement en particulier de la réalité du monde, en un temps et en lieu donné. Elle a également une dimension d’historicité, dit autrement, elle permet de tenir un rôle d’archivage de fait historiques au cours du temps, qui témoigne des périodes de notre Histoire. C’est à ce titre, que l’on a pu par exemple, encore jusqu’à aujourd’hui, rendre à la connaissance de tous, les guerres du passé (Vietnam, Indochine, 1ere et 2nde guerre mondiale, etc.).


Pour autant, et puisque les images ne sont qu’une part d’une réalité du monde, des historiens ont cherché à retrouver des personnes encore vivantes, pour soutenir l’image photographique et apporter un éclairage au moment des faits. Est-ce à nouveau par méfiance de l’image photographique ? La photographie, finalement, ne se suffit peut-être pas à elle-même ?

Bien entendu, les témoignages des personnes vivantes permettent d’enrichir les aspects de la photographie au moment des faits et également, permettent de génération en génération à ne pas oblitérer ce temps de notre Histoire commune. Mais leurs témoignages ne sont plus le temps de l’image, mais le temps du discours « re-vécu ».


A noter que la question du discours est à mettre en relation avec des temps de ponctuations et d’interprétations, propres à ses personnes et peuvent se modifier dans le temps (à la fois dans le temps du discours lui-même et dans l’a posteriori des faits). Ils peuvent également prendre des formes diversifiées selon l’auditoire, les interlocuteurs.


L'image photographique : transcriptions du réels


L’image, par définition, fige l’action d’un protagoniste, d’un événement. Il fige la réalité du monde sans en être a posteriori modifié. C’est en cela que l’image rend possible la traduction d’un événement, entre autres, et qu’elle permet de garder, en mémoire, l’événement faisant fi de toute interprétation personnelle si ce n’est celle de son auteur.


Ainsi, l’image, qui nous est donnée de voir, n’est pas celle d’une simple « transcription » visuelle d’un événement singulier, elle est aussi celle de son auteur.


L’image est autant la « transcription » d’une réalité du monde que celle « vécue » par l’auteur de l’image. La propre sensibilité d’un auteur photographique pourra interagir avec l’événement à l’instant « I » de la prise photographique. Cette réalité du monde, n’est jamais totalement la réalité de l’événement. Elle est celle, avant tout, vécue par l’auteur qu’il va désigner, par son point de vue photographique comme étant d’importance, d’abord pour lui-même. C’est ainsi que l’on peut se rendre compte, par exemple, qu’à travers un même reportage visuel, - réalisé par deux photojournalistes pourtant situés au même endroit, au même moment - peut être très différent d’un professionnel à un autre. La sensibilité et le vécu, n’aura sans doute pas eu le même impact entre ces deux personnes face à l’événement.


Ainsi, leur point de vue photographique ne mettra pas forcément l’accent sur les mêmes aspects de Evènement qui se situe devant eux. C’est la raison pour laquelle, l’image « différenciée » pourra évoquée autant de points de vue qu’il y a de professionnels singuliers dans le monde. Tels aspects de Evènement figé plutôt que d’autres pourront véhiculer un sens particulier de l’image et donner ainsi un bout d’une réalité. Pour autant, ces réalités, placées les unes avec les autres peuvent permettre parfois une lecture plus globale d’un événement en particulier. C’est la raison pour laquelle, il semble intéressant de pouvoir accéder à l’ensemble des points de vues photographiques afin d’éviter des écueils d’interprétations simplifiées et raccourcis de la réalité du monde, de l’événement au final.


Éviter ces écueils, c’est pouvoir donner du sens aux images dans une double dynamique : globale et singulière. C’est aussi permettre, par juxtaposition, de re-construire la réalité de l’événement selon des points de vue, certes différenciés, mais finalement riches d’une même contextualité.

L'image photographique : quelle valeur lui donner ?


L’impact visuel de l’image, qui découlera de ces points de vue, pourra variablement faire « écho » aux sensibilités des uns et des autres. Elle pourra évoquer un sens de lecture également diversifiée selon les personnes qui ont accès à cette image.


L’appréhension d’une même image, pour chaque individu, n’a pas nécessairement la même signification pour les uns et pour les autres. Des individus qui ont vécu le même événement peuvent également ne pas avoir la même appréhension de l’événement pour lesquels ils ont été les protagonistes. Enfin, que l’on soit acteurs de l’événement ou témoins de Evènement (comme peuvent l’être entre autres ces photojournalistes) ou encore « spectateurs-lecteurs » de l’image rapportée, l’impact visuel prendra des dimensions et des valeurs différentes : esthétiques pour les uns et/ou historiques pour les autres et/ou informative simplement ou encore sans intérêt pour certains.


Ainsi, selon la valeur et la dimension à laquelle une image peut être reconnue, par certains décideurs (1), elle peut permettre des conséquences sur son devenir tout aussi diverses : mise de côté et donc oubliée ou au contraire valorisée en la publiant dans un magazine, un quotidien ou en l’inscrivant dans les manuels scolaires par exemple, ou faire l’objet d’une exposition d’actualités contemporaines à l’exemple de Yann Arthus Bertrand, dont on connaît son intérêt engagée pour l’éco biodiversité de notre monde.



De plus, la manière dont peut être valoriser l’image (dans sa diffusion notamment) pourra placer le « spectateur-lecteur » dans une posture d’ « apprenant » : soit dans le cadre d’études scolaires (pour l’étudiant, le lycéen, le collégien etc.), soit dans le cadre d’une exposition photographique, soit dans le cadre d’un quotidien (magazines, journaux d’actualités). Ces postures ont toutes le même but, celui d’être informé des réalités du monde et de rendre du mieux possible l’éveil des consciences collectives.


Conclusion

L'image photographique qui capture un événement n’est pas nécessairement que la « transcription » d’un fait d’une réalité du monde. Il est également celui de son auteur, dans toute sa singularité. La réalité du monde, par l’image, n'est pas la réalité d’un fait dans sa globalité, mais celles aussi d’un vécu, celui de son auteur. Elle revêt par conséquent, une multitude de points de vues sur un événement, « couverts » par de multiples professionnels.


De plus, en tant que telle, l’image photographique inscrit les faits qu’elle donne à voir, dans une historicité et dans une certaine pérennité temporelle. Ceci permet de rendre possible un archivage historique pour lequel les historiens peuvent s’appuyer : pour chercher des personnes encore en vie (protagonistes dans l’image d’un reporter-photo, par exemple), et ainsi leur permettre d’enrichir les faits apportés par l’image ; pour écrire sur les événements qui ont pu marquer le passé et enfin, pouvoir les diffuser aux générations futures.


Par ailleurs, se sont les valeurs et les dimensions que ces photographies peuvent véhiculer aux uns et aux autres, qui permettra à certains, d’envisager des formes différentes de diffusion ou non. Le but étant, d’informer certes mais aussi d’éveiller les consciences dans une double dynamique : sensibiliser l’opinion public dans leur actualité contemporaine mais également au regard d’évènements du passé.


© Myriam Albouy - Tous Droits réservés - 05/02/2009 - Texte révisé le 12/03/2020.


(1) Cela peut-être l’équipe éditoriale d’un journal exemples : libération, Le Monde, etc. ou encore des galeristes voire parfois même l’Etat lui-même.

21 vues

MARIAGES, PORTRAITS & REPORTAGES. PHOTOGRAPHE rignac AVEYRON ET FRANCE ENTIÈRE  


Toutes les images et textes ne sont pas libres de droit et régies au droit français et au Code de la Propriété Intellectuelle